Partage d'expériences

Partage d'expérience sur la réalisation de forages en terrain sédimentaire

Vues : 118 Contributions : 3 Auteur : jeanxueref - Sujet démarré 05 Sep 2018 15:12,

A propos de la mise en place du tubage provisoire en forage dans des terrains boulants.

Lors d’un forage en terrain sédimentaire se pose la question de forer à l’air ou à la boue. Le forage à la boue présente l’avantage de maintenir les terrains boulants en place, mais la circulation de boue masque les venues d’eau, ce qui empêche de reconnaître les éventuels aquifères successifs.

Pour réaliser une bonne reconnaissance hydrogéologique, il est donc préférable de forer à l’air afin de pouvoir constater les différentes venues d’eau. Par contre, dès qu’une venue d’eau est importante, le terrain est naturellement plus boulant et il devient nécessaire de descendre un tubage provisoire pour tenir en place ces terrains. D’une part, parce qu’il y a un risque de coincer l’outil de foration par éboulement, et d’autre part, parce qu’il est intéressant hydrogéologiquement de masquer la venue d’eau en descendant le tubage provisoire jusqu’à la couche imperméable sous-jacente, afin de poursuivre la reconnaissance à l’air sans être gêné par la venue d’eau supérieure.

Le problème qui se pose est d’arriver à descendre le tubage provisoire lorsqu’on a une très grosse venue d’eau et donc beaucoup d’éboulements qui viennent avec. Dans l’exemple du forage d’Ankililoaka, après avoir mis en place un premier tubage provisoire à 19,5 m de profondeur pour masquer une première venue d’eau, le forage a continué jusqu’à 38 m de profondeur avec une très forte venue d’eau à partir de 33 m dans des terrains sablo-argileux.

Lorsque la mise en place d’un second tubage provisoire télescopé a commencé, le fond éboulé se trouvait à 27,3 m. Malgré le poids du tubage acier, celui-ci ne descendait pas même en chassant les éboulements à l’air sous pression à l’aide d’un flexible PEHD. Il a fallu en plus louvoyer à l’aide de deux clefs à chaîne qui enserrent le tubage, en forçant à deux sur chaque clef pour effectuer des va-et-vient droite - gauche, tandis que le préposé au soufflage montait et descendait le flexible PEHD pour chasser les déblais liquides qui sont assez denses.



La question s’est posée d’éventuellement pousser le tubage avec la tête de foration, mais le risque de coincer le tubage était trop grand. Il s’agit d’un tubage provisoire, donc il faut être en mesure de pouvoir le ressortir. Une des raisons de le descendre manuellement est de ne pas trop forcer dessus, de manière à toujours pouvoir le remonter grâce à la puissance de la machine.

Une autre question qui peut se poser est l’utilisation des tiges de forage pour chasser les déblais à l’air sous pression, ce qui serait plus efficace que l’utilisation du flexible. Mais la manipulation de ces tiges prend beaucoup de temps à cette profondeur, étant donné qu’il faut tout enlever à chaque soudure d’élément de tubage supplémentaire, tous les 2 à 3 m en moyenne selon les morceaux disponibles.

Le forage à l’air prend donc beaucoup de temps par rapport à celui à la boue, notamment lorsque sont rencontrés plusieurs aquifères successifs qu’il faut masquer par des tubages provisoires. Mais cette méthodologie offre une reconnaissance hydrogéologique complète, permettant d’avoir tous les éléments pour choisir quel(s) aquifère(s) exploiter. Il est même possible de procéder à des essais de pompage en cours de forage pour chaque aquifère rencontré, ce qui aide à la prise de décision de la profondeur finale de l’ouvrage, une fois que le débit testé arrive à celui souhaité.

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10 Oct 2018 18:14 par jpmahe
Plutôt qu'un long discours, voici une vidéo très bien faite d'une forage à la tarière à main en France, mais la démarche est la même dans les pays en développement.


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10 Oct 2018 18:17 par jpmahe
Et la même technique utilisée au Mali (document Protos Practica)

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10 Oct 2018 19:55 par jpmahe
Une technique simple de forage peu profond, le forage par pression ici développé par BushProof à Madagascar

Le « Well Jetting » est une technique de construction de points d’eau adaptée aux aquifères sableux et peu profonds des zones côtières ainsi que et de la plupart des bassins de rivières. La pression d’eau injectée est utilisée afin de faire descendre des tubes connectés à une crépine dans le sol. BushProof a beaucoup d’expérience dans l’organisation de grandes campagnes de forages Jetting, et a par ailleurs conduit des recherches prouvant la viabilité de cette méthode. Spécifications : cuvelage/crépine PVC 63mm, liner géotextile, massif filtrant, profondeur max.: 10m, adapté pour exploitation par pompe manuelle.


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